La lutte du loyer

Publié le par Lillie

Aujourd'hui, Lillie doit payer son loyer. Elle doit déposer son lourd chèque dans la boîte aux lettres de l'agence. Elle se dit qu'en prenant le tram à 7h55, comme d'habitude, elle pourra profiter du laps de temps entre son arrivée à l'arrêt et le passage du bus, pour déposer son enveloppe. Comme ça, se dit-elle, ce sera un souci de moins!...
C'était sans compter sur les Lutins. Malins, ils savent que si Lillie parvient à réaliser son idée, elle aura l'esprit plus tranquille. Et ça, ça leur donne des maux de ventre à n'en plus finir. Alors ils se débrouillent, par de multiples stratagèmes, pour qu'elle arrive en retard. Sournoisement, ils l'incitent à mettre sa tasse vide dans le micro-ondes. En la récupérant, elle se brûle les doigts, puis tour à tour crie, insulte, rattrape habilement la tasse, se rince, la remplit et la remet. Trois minutes de perdues. Puis, vient le tour du téléphone, qui disparaît miraculeusement de son perchoir. Deux minutes de perdues, en fouilles archéologiques.
Vient le moment de se préparer. Lillie pense avoir trouver le nid des Lutins: chaque tee-shirt pioché sur l'étagère est froissé. Une seule explication: c'est là qu'ils dorment. Elle se promet de les débusquer tôt ou tard. Je passe sur les détails, mais quoi qu'il en soit, à 7h50, Lillie lutte avec sa foutue clé pour fermer à double tours son appartement.
Courant plus qu'elle ne marche, Lillie s'élance vers le tram. 7h54. Elle traverse allègrement la route, manquant au moins trois voitures furibardes.
Les Lutins ont bien fait leur travail, aidés par le professionnalisme exacerbé d'un conducteur de tram: celui-ci est déjà passé, en avance. Sept minutes à attendre.
Mais ce n'est pas fini, non... Ce serait trop facile!
Jaillissant de l'engin à toute vitesse, Lillie court après le bus 79, qui est censé l'amener jusqu'à son travail. Prise de panique, elle accélère, devancée par d'autres pauvres diables, sûrement eux aussi accablés de Lutins. 'Culés de Lutins.
Pris de pitié, le chauffeur s'arrête -au moins un que les Lutins n'auront pas!
L'histoire se termine ainsi: Lillie ouvre la porte dans les temps. Bien tentée de faire un pied de nez à ses harceleurs, elle se retient car...
...
la journée n'est pas finie!!

Publié dans Les malheurs de Lillie

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