Souffle la tempête

Publié le par Lillie

Dans le silence de la pièce moquettée, la lumière jaunâtre détrempe les murs. Les ordinateurs ronronnent. C'est presque le seul son qui émane de cette ambiance édulcorée. Pas un mot, à peine le soupir d'un co-bureau épris de sieste.
Quinze fois que Lillie regarde par la fenêtre. Le bâtiment est un gruyère où le vent s'engouffre, gronde, s'insinue pour glacifier le plus petit bout de chair découvert. Seize fois. Bon sang! Il mugit, vibre, s'acharne entre les branches des arbres dehors.Il est en colère, il est mauvais. Il ternit toute chose, traîne derrière lui un cortège de sombres nuages, gonflés, veinés de noir, menaçant au-dessus de sa tête.
Atmosphère d'avant cataclysme. Que se déchaine la tempête.
Dix-sept fois; les yeux rivés sur le ciel d'enfer. Elle s'ennuie, Lillie. Qu'elle est loin la mer, immense, profonde, engrossée de tous les secrets, toutes les solitudes, ces pensées qu'on ne livre qu'à elle. Qu'elle est loin cette mer qui l'accueille en silence, sous un toit d'azur, noyée d'un soleil de diamant.
Une énième fois la fenêtre. Les arbres là-bas ne gémissent pas, ils patientent. Des siècles à se mouvoir sous le capricieux mistral, ils penchent tous dans le même sens. Abris de songes et de rêveries. Ils dorment loin d'elle aujourd'hui.
Que Lillie s'ennuie!
Vous l'aurez compris. Pas de poésie, rien que de l'ennui...

Publié dans Les malheurs de Lillie

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Dany58 04/03/2009 15:08

Coucou,
chose promise, chose due, me voici.
Sympa ton blog, je n'ai pas encore tout lu mais j'aime bien.
A bientôt
Bisous