Amis de la poésie, le retour !

Publié le par Lillie

Toujours outré du sacrilège proféré par l'un de ses élèves, le prof de philo guide le reste de sa classe vers un lieu de méditation. Le silence y est de mise, le recueillement, bref rires interdits. il est vrai, constate Lillie, que le coin est plutôt captivant : de grands arbres touffus, les branches écartées à la recherche du soleil, de la mousse moelleuse. Il règne un calme serein, une ambiance d'église, ponctuée d'un parfum discret de végétation printanière. Le muret de pierre dessine un grand rectangle noyé de plantes grasses, que chacun piétine allègrement pour s'assoier. Le prof pose son séant au pied d'un immense chêne, impressionnant par sa stature. Il a dû en voir passer des fesses celui-là, songe Lillie. Une fois tous en place, attentifs (ou presque ...), le guide commence son récit. Les druides se réunissaient ici, des siècles auparavant, allumaient un grand feu au milieu, et au cours de longs rituels, faisaient brûler d'étranges herbes. Tous, assis de manière plus ou moins bancale, attendent patiemment la fin de l'histoire, sans pour autant effacer de leur face un sourire moqueur. Les clins d'oeil, et les rires étouffés vont bon train, mais bon, le prof est sympa, faudrait pas le contrarier une deuxième fois, donc chacun y met du sien, et la met en veilleuse. Le prof finit par se taire, annonçant que maintenant, le temps est à la "réflexion intérieure". Pour Lillie, ça ressemblera plus à de l'attente. Ils sont tous autorisés à partir en silence quand l'envie leur en prend, mais à cet instant nul n'ose se lever, de peur de troubler le sile,ce qui vient de s'abattre. Alors ils patientent. Au bout d'une éternité, la méditation, c'est bien gentil, mais ça devient lassant. Les ricanements se multiplient. A côté de Lillie, ses amis sont assis sur une énorme souche d'un chêne malchanceux. ils sont quatre, à discuter à voix basse, et à jeter discrètement de petits cailloux dans les oreilles d'un cinquième installé plus loin qui, consciencieux, tente de rester calme. Lillie les regarde, sans s'empêcher d'arborer un sourire fort amusé. Elle participerait bien, mais ne connaissant pas très bien la victime, elle se contente de jouer les spectatrices assidues. Pendant ce temps, Sylvain (encore lui ...) et sa bande continuent de faire les pitres à grands coups de cailloux. Le prof ouvre un oeil, émet un "chhhhhhhhhuuuuuuuuuut" irrité, qui arrête net les quatre couillons. Pieusement, ils baissent la tête, en pouffant. Lillie observe autour d'elle ce décor. Seule, elle se serait octroyé un moment de réflexion intérieure mais là ... Seule, elle aurait exploré les lieux, au risque de piétiner un druide. Quoiqu'il aurait rien senti. Elle aurait fureté, à la recherche de l'autre moitié de souche. Comment cet arbre avait-il finit en fauteuil improvisé ? Une maladie ? Une tempête si violente que le tronc se serait écroulé ? Lillie porte son attention sur la vieille souche. Les quatre garçons baissent toujours la tête, étouffant tant bien que mal leur fou rire. Et dans le silence de cette forêt sacrée, dans un silence limpide et religieux, alors qu'aucun n'y pensait un seul instant, Lillie a la réponse à sa question. Un craquement sinistre déchire soudain l'atmosphère. Une cassure douloureuse qui attire l'attention de tout le monde. Et dans la surprise générale, la souche cède sous le poids des quatre msouche-foret-de-fontainebleau.jpgecs qui s'écroulent dans les tas de feuilles mortes et de ronces. Emmêlés qu'ils sont, ils se grimpent dessus pour mieux se relever, à moitié coincés sous les restes de la souche, définitivement décédée pour le coup. L'hilarité, plus contagieuse que la grippe A, se répend dans les rangs. Morts de rire, tous tentent de garder leur sérieux, mais là s'en est trop. Les uns après les autres, pouffant et ricanant, les deux mains devant la bouche, tous empruntent le chemin en trottinant pour disparaître dans les arbres. Quelques bonnes âmes aident les pauvres hères à se dépétrer de leur mauvaise fortune tandis que tout le monde file en douce, et se retrouve plus loin, pour laisser libre cours à un fou rire frisant l'hystérie. Et le prof alors ? Pas un cil qu'il a remué !

 

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Publié dans Les malheurs de Lillie

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Angélique 10/04/2010 18:01


Allez, dans ma grande générosité j'ai voté pour toi ;)


Lillie 12/04/2010 13:43



Grand merci gente dame !



Loupy 09/04/2010 21:26


J'adore ton nouveau design et ta nouvelle bannière !!


Lillie 12/04/2010 13:42



Merci Loupy !! un petit coup de neuf et de lumière s'imposaient !



laetis lorelei 09/04/2010 15:24


kikou, alors pr ce concours, ca avance, je vais encore essayer d'aller voter, bisous!


Lillie 12/04/2010 13:42



Ca avance lentement. Faut dire que j'ai été absente longtemps et du coup je n'ai pas trop relancé les gens !



requiem29 08/04/2010 17:50


On peut dire que, face à sa mauvaise fortune, il est resté philosophe.


Lillie 12/04/2010 13:41



Ah oui ! C'est vrai ! Très philosophe !



laetis lorelei 02/04/2010 15:12


je te l'envoi par message ds contact, bisous!